Aujourd’hui, comme tous les autres jours, nous sommes allés prendre des données de la nouvelle troupe. Comme je l’ai déjà dis, ils nous donnent des chaleur. Ils nous font courir dans tous les sens parce que le groupe se sépare mais en plus parce qu’il fait vraiment une chaleur à la limite du supportable ici. En plus, il y a un taux d’humidité affolant qui vous fait transpirer de plus belle. Jeudi et vendredi, rien qu’en faisant 10 pas, nous étions en nage. Je ne rigole pas. Je crois que je n’ai jamais transpiré autant. Autant vous dire que le déodorant ne sert à rien ici. Mon pantalon était devenu brun foncé et mon T-shirt vert foncé, trempé par la transpiration et l’humidité. Les cheveux sont en baguettes, collés aux visage, à la nuque. Vos vêtements vous collent à la peau comme ça n’est pas permis. Je bois 3 litres d’eau par jour, mon ventilateur est devenu mon meilleur ami ainsi que la clime. Mais c’est 2 petits bonheurs me font souffrir aussi parce que je suis malade, je tousse et je crache
et mon nez est bouché. Explication, avec la clime, il fait 20° dans la voiture, j’en ai même la chaire de poule et dehors, il fait entre 30 et 40°. Vous voyez le contraste………. Avec cette chaleur, je prends entre 2 - 3 douches par jour et je me lave les cheveux tous les jours (avec de l’eau froide et salée). Vous verriez l’état de mes cheveux….
Bon voilà pour la parenthèse bien longue.
J’en viens au fait. Aujourd’hui, après avoir manger vers le temps de midi tout en regardant les singes dormir… Nous entendons des singes se battre mais avec beaucoup de violence. Les mâles du groupes que nous observions ont même commencé à pousser des petits cris comme pour dire : qu’est-ce qu’il se passe?
En fait, j’ai eu la chance de pouvoir aller voir ce qu’il se passait. Je cours vers les cris pour ne pas rater ce qu’il se passe. Je m’attends à trouver des singes….. dans les arbres, mais non, les cris provenaient du sol. Je m’approche doucement, ne sachant pas ce qu’il se passait. Puis là , je vois deux singes entrain de se battre. Un des deux prend peur en me voyant, me regarde et remonte dans l’arbre. Je vois que c’est Fabian, un mâle d’une autre espèce, un singes hurleur noir, qui vit avec notre troupe de singes hurleurs mantelés (c’est un cas assez spécial, ce pourquoi j’étudie ici au Mexique). Je m’approche encore et là , je vous une petite boule qui me tourne le dos, c’est un mâle de l’autre espèce. Je m’approche, il reste 50 cm, je veux le toucher mais je me rend compte qu’il pourrait me faire très mal quand même. Je crie après pour qu’il me voit et ne prenne pas peur. Rien. Je le contourne, je recrie après, il reste là en me regardant et en faisant des petits ouh, ouh, ouh, de peur mais ne bouge pas. Là , je me dis que quelque chose ne va pas. Il se déplace un tout petit peu sur le côté mais ne remonte toujours pas à l’arbre. J’appelle Mila qui est vétérinaire. Je fais peur au singe en criant et essaie de monter à l’arbre, 1 mètre. Il trainait sa patte arrière droite, en sang, sans poils, qu’il ne peut plus bouger. Je m’éloigne. Après observation, les lésions à la jambe ont l’air bien profondes et il est blessé à la tête. Il y avait une belle touffe de poil au sol et pas mal de sang ainsi que sur le tronc. On s’attend à ne plus le voir d’ici quelques jours. Il faut dire que le mâle noir pèse 11 kg et l’autre, 7 kg. C’est triste parce que c’est une espèce en grand danger d’extinction, c’est la nature allez vous me dire. C’est vrai. mais dans le cas des troupes de singe vivant dans ce ranch, elles sont particulièrement en danger par le processus de déforestation qui se passe juste devant notre nez. Les arbres sont coupés, c’est déjà une chose. C’est de l’espace en moins. Mais en plus, les arbres sont brûlés, créant une fumée épaisse et chaude qui s’ajoute aux chaleurs insupportables de l’extérieur et qui stress les animaux. J’ai un peu peur pour ces espèces.
Au sinon, on se débrouille plutôt pas mal avec la reconnaissance des individus. Ce n’est pas facile, certes mais je pensais que ça serait encore plus difficile. J’ai prénommé une femelle Lili comme la petite princesse de Valérie et Cédric.
Je vous mettrai des photos. Une autre s’appelle Nota parce que sa tache ressemble à une croche de musique. D’autres s’appellent Negra (noir en français), Blacky (noir en français), seminegra (je suppose que vous comprenez), Negro (de nouveau noir en français). On a de la chance hein. En fait, ils n’ont presque pas de taches, voir pas du tout. Super facile
Un jeune s’appelle mariposa, parce que sa tache ressemble à un papillon. Un mâle se prénomme Feo (le laid), justement celui qui a été blessé dans la bagarre. Parce que vraiment, il n’a pas été gâté par la nature, tout flasque des testicules, un doigts qui ne devrait pas se trouvé à cet endroit et maintenant, il est encore un peu plus laid avec ses blessures de guerre.
Sinon, deux femelles sont à croquer avec leurs petits bébés. Ils sont nés il n’y a pas très longtemps. Les deux femelles sont assez copines d’ailleurs. Elles se passent les jeunes de l’une à l’autre. En fait, pour être correcte, il y en a surtout une qui porte les 2 bébés pendant que l’autre mange ou se repose, toujours la même. Elle refourgue son jeune à qui veut bien le prendre. Mère ingrate…. ;-) Alors les deux femelles ont des noms très particuliers, attention, une s’appelle Mitad y mitad (moitié moitié en français) et l’autre Vulva fea …………………………..(laide vulve). On ne rigole pas. C’est une méthode très scientifique pour les reconnaitre. On regarde la vulve et si une des deux à les lèvres de deux couleurs (noir et blanc), c’est Mitad y mitad, si elle a la vulve un peu bizarre, c’est vulva fea.
Ci-dessous, la petite Nota avec sa croche et Lili avec ses jolies taches qui nous aident vraiment à la reconnaitre.
Bisous à tous. Je vous aime.
